samedi 10 août 2013

Persistance du souvenir

Penché à la fenêtre, il se rappelait le jardin en face de la maison. La profusion des entrelacs du lierre amalgamé à sa façade était associée à ce souvenir par un effet de surimpression. A la place de l’actuelle colonne blanche,  se trouvaient deux poiriers fortement inclinés, une rangée de chênes, démarcation du commencement de l’ailleurs, et des massifs d’hibiscus aux corolles bleu violacé. Il voyait maintenant les fines tiges du lierre se propager par à-coups sur le sol et enserrer les chênes, les poiriers puis les hibiscus. Il cligna des yeux au moment où tout fut recouvert. Ce clignement suffit à rétablir la vue du chantier endormi.

lundi 5 août 2013

La vue


Il s'était assoupi dans le bureau de sa maison recouvert de la lumière opalescente d'un après-midi ensoleillé. Il avait vogué quelques temps sur des eaux sombres et miroitantes. La chute du livre qu'il lisait imprimant sur le sol le mot Vertiges l'avait réveillé. Le vent sifflant faisait trembler les vitres de la pièce. Il s'était levé pour jeter un coup d'oeil. Le jardin qui était sa vue habituelle avait disparu. A sa place, s'élevait un chantier sur plusieurs étages. Une immense colonne blanche à l'allure de bambou grimpant trônait au centre. Une grue et une échelle se faisaient face sur son côté droit. Après être resté immobilisé un instant, il avait alors pris cette photo.

jeudi 25 juillet 2013

lundi 15 juillet 2013

le Palais

Au milieu d'un terrain vague, enserré de barres d'immeubles sépia,
un édifice hexagonal en bois gris,
en face de lui des entrepôts aux enseignes rose fluo et boîtes aux lettres en cascade,
il proclame son nom le Palais des glaces.

mercredi 10 juillet 2013

l'apprentie

Je tape des mots, je cisèle des phrases, j'observe d'autres phrases incrustées dans des paragraphes.
Je choisis selon mon instinct, je tâte les exercices des artisans confirmés.
Je détruis, je recommence; je suis des modèles, je fais table rase.
Je suis une apprentie déterminée.